Carte

Ceux qui ont de bons yeux distingueront peut être mon itinéraire, tracé très approximativement. En jaune les trajets en avion, en marron les trajets en voiture/train/bus...

Les autres... bah... tant pis..

 

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Voyage

Jeudi 18 août 2005
Voilà, mon sac est bouclé, ou peu s'en faut. Et puis ce que j'oublie, c'est que j'en ai pas vraiment besoin... (Parceque, franchement, a - t - on réellement besoin de chaussettes ?) j'ai même pris mon premier cachet de Savarine, c'est dire.
Je suis sur le départ.
J'écris ce message, qui n'a pas d'autre intérêt que de lancer le blog. Je sais pas encore si je pourrai poster régulièrement, mais, promis, j'essaierai.

Là, en ce moment, je regarde mon billet d'avion, et je me répète très fort, et très persuasivement "La loi des séries n'existe pas".
[Je vais bien, tout va bien].

 
Par Anne-Laure
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Samedi 20 août 2005

Avant toute chose, j'en appelle a l'indulgence du lecteur. Oui, je sais, les fautes d'accents, ca fait mal aux yeux, et aux miens en premiers, mais je me bats actuellement avec un clavier qwerty qui, vu son degre d'usure, a sans doute vu debarquer Vasco de Gama en son temps.

Je suis en ce moment dans un cyber cafe de Kochi (= Cochin), je lutte avec une connexion internet bas debit et des mouches viennent me harceler periodiquement (je me demamde pourquoi je me donne encore la peine de prendre des douches).

Je suis arrivee hier, minuit et des poussieres. Le vol etait agreable, l'avion n'etant meme pas a moitie rempli, je n'avais meme pas de voisin et j'ai pu profiter des deux sieges proches du hublot pour m'etaler.
Le vol, c'etait un peu l'Inde en avant premiere : accent invraisemblable de certains stewarts, plateau repas qui pourrait tres bien s'intituler "bois de l'eau ou dis au revoir a ton palais", sans oublier l'innenarrable film bollywood sur les teles (j'ai presque ete decue quand ils se sont mis a diffuser des films americains. Certes je comprenais, mais c'est tellement moins... kitsch...). Equipage Indien (sauf le pilote) adorable, avec le stewart qui vient discuter avec les passagers quand il n'a plus rien a faire...

L'arrivee a bombay est impressionnante, meme de nuit. A mesure que l'avion descend, on distingue de mieux en mieux les rues, les maisons. La ville, un milion de lumieres vues de haut, plus ou moins bien ordonnees selon les quartier, dessine une entite tentaculaire, qui encercle completement l'aeroport : il y a des maisons litterallement en bout de piste. On n'ose meme pas imaginer le bruit a l'interieur. L'avion descend, descend, on distingue les toits des maisons, les details des rues, et puis soudain une piste surgie de nulle part deboule sous les roues de l'avion...

Bombay, au petit matin, vu de la fenetre de mon hotel, c'est etrange : je suis dans un hotel de haut standing, pres de l'aeroport, j'ecarte les rideaux et que vois je ? coince entre un autre hotel et un immeuble de bureaux flambant neuf a la facade vitree, un immeuble en travaux (ou un chantier abandonne, dur a dire), avec a son pied deux ou trois petites cabanes faites de bric et de broc, toles, bois, baches.. avec une famille devant, des gosses en bas age et en haillons, du linge qui seche, le fil tendu entre deux poteaux de beton de l'immeuble en construction.
Et la, on se demande un peu ce qu'on fait la.

Pour rejoindre l'aeroport distribuant les villes interieures, j'ai pris un taxi, et bien sur j'ai remis ca entre l'aeroport de Kochi et l'hotel. La philosophie indienne de la route peut apparement se resumer en une expression "bon sens". Genre 'tiens son camion fait trois fois ma voiture je le laisse passer, mais par contre le motard il peut toujours crever la bouche ouverte s'il croit que je vais le laisser passer'. Ya pas l'air d'avoir vraiment de vitesse limite (elle est limitee plus par le trafic que par autre chose), et evidemment ca double n'importe comment : deja que vu qu'ils roulent a gauche, les voir depasser par la droite, ca fait bizarre, mais les voir depasser par la droite avec un camion qui vient en sens inverse...
Sur le bord de la route un panneau publicitaire demandait did you meet life today ? c'etait pour une assurance ou je ne sais quoi. A ce moment la, ce que j'ai manque rencontrer, moi, c'etait la banquette avant, et la moto qui venait en face notre par-brise.
Note pour plus tard : ne jamais, jamais conduire sur une route indienne (surtout que je passais mon temps a fermer les yeux alors bon...).

 

Par Anne-Laure
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Lundi 22 août 2005

Je sais, on a vu des titres de post plus originaux, mais estimez vous heureux, je vous ai epargne le titre qui m'etait venu a l'esprit "Kochi je suis ici", mais evidemment, en Francais ca rend moins bien qu'en Anglais. Et puis bon, le comique de repetition...

Bref. Me voici a la fin de mes deux jours a Kochi, que je quitte demain pour Allepey (Aleppey ? Alleppey ?).
Pendant deux jours, j'ai donc arpente Kochi de long en large, a pied ou a velo, et en un mot comme en mille : kochi est une tres belle ville.

La ville est construite sur une des presqu'iles de ce coin de cote. Le quartier ou se situent la pluspart des hotels, mais aussi des choses "a voir", est appele Fort Kochi, et est tres agreable a visiter. Ce sont des petites maisons (il est rare que les batiments aient plus d'un etage en plus du rdc), et les rues sont relativement calmes (au moins selon les standarts indiens), etroites et tortueuses, avec des boutiques pour touristes un peu partout (evidemment), et des cafes internet a tous les coins de rue. Le long de la cote, il y a d'antiques "chineses nets", encore utilises pour pecher. Quand on passe le matin, lors de la vente de la peche du jour, on a la possibilite d'acheter soi meme son poisson, puis de l'apporter dans un des petits restos a cote pour qu'ils le fassent cuire... c'est assez marrant comme systeme... au moins est on sur de la fraicheur du produit...

[en parlant de trucs a touristes : une librairie vendant des livres sur l'inde aux touristes en francais, anglais etc... avait sur ses rayonnages exterieurs, entre autres bouquins anglais, mais celui ci etait traduit en tamil (ou une autre langue indienne) : je vous le donne en mille, ce bouquin c'etait Eureka Street ! J'ai manque l'acheter, mais j'ai prefere le laisser a vendre, afin que quelqu'un d'autre le decouvre, mais c'etait etrange de le voir la...]

Le climat est vraiment tropical, il doit faire plus de trente degres, mais j'ai de la chance, la mousson semble terminee dans le coin... pas une goutte de pluie depuis que j'ai quitte Mumbai. La chaleur est suportable, surtout que les ventilos tournent a plein regime (sans eux, la sensation de chaleur serai certainement celle du RER-bonde-l'ete, avec les sieges en sky en moins).La vegetation est a l'avenant : luxuriante des que l'homme lui en laisse l'occasion. En bonne touriste occidentale, je suis bouche bee devant des arbres enoormes, les cocotiers, et les moustiques.
Ah non, pas les moustiques, bien qu'ils soient la eux aussi, de bonnes grosses bestioles tropicales elevees aux hormones. Sur ma seule cheville gauche et en une journee de marche, j'ai ete piquee 12 fois. Eh oui, en douce innocente que je suis, je n'avais pas juge bon de mettre de l'antimoustique parce qu'apres tout, les mechants moustiques qui transmettent le palu ne sortent que la nuit. J'avais oublie un detail majeur : un moustique banal, ca pique quand meme, et ca GRATTE.

Bref, hier, j'ai fait le tour de toutes les choses a voir du coin, depuis l'eglise construite par les portugais a leur arrivee et dans laquelle ont peut voir le tombeau de Vasco de Gama et de ses amis morts ici (Vasco de Gama a depuis ete "rapatrie", mais les vestiges des tombeaux sont toujours la), jusqu'a la synagoge (oui oui, une synagogue), la plus ancienne d'Inde, en passant par les deux musees de l'ile, et aujourd'hui j'ai loue un velo, histoire de me balader dans les environs et de defier la mort sur les routes indiennes.

L'immense avantage que j'ai en visitant tout a pied ou en velo sur ceux qui visitent tout en rickshaw est que puisque je passe la moitie de mon temps a me perdre (en dehors de Fort Kochi que je commence a bien connaitre), donc je decouvre beaucoup plus de choses, je m'aventure un peu partout dans les ruelles, a l'instinct ("je suis sure que c'est par la" "ah bah tiens, pourquoi je suis revenue a mon point de depart")... Il doit y avoir une espece de distortion spatiale dans le coin parce que des rues qui semblet droites vous font tourner en rond, lentement, mais surement.
Et puis il y a ce fameux "Dustch Cemetery" qu'en depit de toute ma bonne volonte, j'ai ete incapable de trouver...

Enfin et pour finir, j'ai assiste hier a un spectacle de kathakara (orhographe et nom a verifier), qui est l'une des grandes danses classiques de l'Inde. C'est un espece de theatre corporel, danse, extrement codifie (les gestes, positions de la main, mimiques veulent dire des choses tres precises. les costumes sont fabuleux, avec des "robes" volumineuses, des coiffes qui defient l'equilibre... Tout est sans doute en toc, mais a la lueur des deux spots et de la torche place devant la scene, ca brille, ca scintille, et ca coupe le souffle. Sans oublier les maquillages, pres d'une heure par personne, on peu y assister avant le spectable, la encore..
Ca raconte des histoires de dieux qui defient des demons, etc.. A l'origine, c'est joue dans les temples, des nuits entieres pendant les fetes religieuses.. Et hier soir, meme si ce n'etait que dans une petite salle qui n'avait rien de beau ni de sacre, c'etait l'inde des legendes qui dansait sous nos yeux, avec les fils du vent qui viennent au secours des hommes persecutes par un demon... 

 
Par Anne-Laure
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Samedi 27 août 2005

En deux etapes, de respectivement 164km et 140 km, parcourues en 5h30 pour l'une et 4 h pour l'autre. Le tout dans une voiture non climatisee (donc toutes vitres ouvertes), avec un chauffeur tres sympa (et tres curieux), je suis donc passee du vert Kerala (qui en Malayi la langue locale signifie "pays des cocotiers"), avec sa vegetation tropicale, ses immenses reseaux de canaux (backwaters) dans l'arriere pays, au chaud Tamil Nadu (je ne sais pas ce que ca veut dire en langue locale mais ca doit etre "Pays du soleil et de la deshydratation".

Mais pourquoi si lentement ? Parce que, la route, etroite, se partage entre : les pietons, les velos, les tuks-tuks, les camions, les taxis, les motos, les voitures, les chars a boeufs, et meme quelques troupeaux de loin en loin. Alors forcement...

Comme je l'ai deja dit, les indiens roulent a gauche. Enfin, ca c'est la theorie. Les indiens roulent ou ils peuvent, des qu'ils peuvent. Vous voyez l'album de tintin ou la vache sacree bloque la rue ? Alors oui, il y a des vaches qui se baladent dans les villes (pas enormement mais il y en a), mais croyez moi, Herge a sous-estimee la capacite de la circulation indienne a se faufiler partout. Les vaches ne bloquent PAS les rues.
Et les conducteurs indiens ont une foi indefectible dans les reflexes du chauffeur du bus d'en face qui trouvera bien le moyen de se rabattre pour qu'ils puissent depasser la voiture devant eux. Ca doit etre pour ca que les indiens ont autant de dieux. Parce que un seul, pour maintenir en vie tant de monde sur les routes, ca ne suffirait pas. Il en faut BEAUCOUP.
Si je vous dit que quand on a eu une averse tropicale en pleine montagne, il pleuvait un peu sur mes pieds, a l'avant de la voiture, que les ceintures de securite etaient la mais inutilisables, et que pour signaler qu'il tournait a droite, le chauffeur tendait son bras droit par la fenetre (oui comme a velo), vous me croyez ? Vous devriez...

En tout cas le chauffeur etait tres sympa, et (comme beaucoup d'Indiens) incroyablement curieux, "where do you come from ?" "Are you married ?" (il n'en revenait pas que les mariages ne soient pas arranges en france), Pourquoi est ce que tu as des cheveux et des yeux noirs ? (ils ont la vague impression que tous les occidentaux ont les cheveux et les yeux clairs, je suis donc un peu etrange a leurs yeux).

en chemin, arret a Periyar, un "Wild Life Sanctuary", ou evidemment je n'ai pas vu le moindre animal sauvage (bon ok, si quelques daims et des oiseaux), parce que a) ce n'est pas un zoo, b) les cris que soixantaine de touristes embarques sur le meme bateau que moi poussaient au moindre debut de soupcon d'un signe de vie suffiraient a faire fuir n'importe quel etre vivant dote d'un instinct de survie.
Non, a Periyar, le truc interessant, c'etait la visite de la plantation d'epices, ou j'ai fait la demonstration de l'etendue de mon ignorance a un guide de plus en plus hilare. "Ah bon ??? Les clous de girofles ca pousse dans un arbre ?" (j'avoue que j'avais une vague mais stupide vision de clous de girogle sortant de terre comme des champignons..).

Le lendemain, en partant de periyar nous sommes entres au Tamil Nadu (periyar est dans la chaine de montagne qui separe les deux etats), et d'emblee on voit les differences entre les deux etats.

Le Tamil Nadu est une immense plaine, delimitee par une chaine de montagne a l'ouest et qui, a l'est' s'etend a perte de vue, ecrasee par le soleil et la chaleur. Ici la population est beaucoup plus pauvre, on voit beaucoup plus de gamins dans les rues et moins en uniforme (tandis que le Kerala se vante d'un taux d'alphabetisation de 100%), et des mendiants, devant les temples, sur le bord des routes, (la mendicite est interdite dans beaucoup de grandes villes du Kerala, donc la pauvrete est moins visible). La terre, rouge et brulee est exploitee pour faire des briques, ou pour d'immenses champs de canne a sucre.

Le Tamil Nadu, c'est aussi le pays de magnifiques temples hindous, que j'ai commences a visiter hier et dont je finis la visite aujourd'hui.

Il y a tres peu de touristes a cette epoque de l'annee (sans doute du fait de la chaleur par moment reellement ecrasante), les hotels ou je vais logent essentiellement des indiens, et a l'interieur des temples on ne croise pas plus d'un ou deux petits groupes de touristes. De ce fait, etre "blanche", ici fait vite de moi (et de tout autre occidental) une attraction, a la fois pour les guides qui proposent de vous faire visiter le temple, les vendeurs de cartes postales, les tailleurs, etc, mais aussi pour certains gamins qui arretent leur bicyclette pour me serrer la main, ou cette (grande) famille, qui, alors que je lisais le guide du routard, sur une volee de marches isolee dans l'enceinte du grand temple de madurai,  m'a litteralement encerclee, pour faire des photos d'eux avec moi dessus. Mon etonnement les a beaucoup fait rire, et apres 6 photos (pour eux), et un sur mon appareil, ils sont repartis comme ils sont venus...

Voila les dernieres nouvelles.

Je repars, et a bientot

Par Anne-Laure
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Lundi 29 août 2005

Hier matin, reveil aux aurores (5h20) pour aller prendre le train de 6h40 pour Trichy (egalement appelle Tiruchirapally), me voila donc dans un train indien ! Je dois avouer que j'etais loin d'etre a plaindre, etant placee en 1ere classe AC (qui, en gros, est l'equivalent niveau confort des secondes classes des corails chez nous). Je n'ai pas de voisine, sans doute parcequ'il n'y a pas d'autre femme voyageant seule, et que les femmes doivent etre assises avec des femmmes. De l'autre cote de l'allee, une femme dans son magnifique sari, avec sur le siege d'a cote son bambin recouvert par le tissu (un sari fait quand meme 5m50, il y a de quoi faire...).Des le depart, une dizaine de vendeurs, portant au dessus de leur tete ou sous leur bras des bassines emplies de paquets de nourriture fraichement emballee, ou de gros bidon de the ou cafe ont commence a circuler dans les rangs.

Ah ! La nourriture Indienne ! Si on aime le riz et les epices, c'est le paradis... Il faudra que j'explique le petit dej plus tard car j'ai oublie le nom de la moitie des aliments, mais pour ce qui est des autres repas, le plat typique du sud du pays est le "Thali", que je mange pour une trentaine de roupies (avec l'eau minerale), soit, en gros 70 centimes d'euros... Le thali, donc. Une feuille de bananier posee sur la table en guise de plat, trois ou quatre petites coupes metalliques emplies de diverses sauces liquides, trois ou quatres petits tas (servis a la louche) de divers legumes bouillis (le tout est assez non-identifiable, je dois bien l'avouer, mais tres bon), une espece de galette de riz tres fine frite (genre chips geante), et du riz. On pioche dans les differents tas, on melange avec le riz blanc, et on mange le tout avec les doigts, de la main droite uniquement (la main gauche est impure). Le tout est servi a volonte, par un balet de serveurs qui arpente les restaurants, qui avec une bassine de riz sous le bras, qui avec des timbales contenant les differents legumes etc.

Mais revenons a Tiruchi???, euh, Trichy. Trichy est une ville carrefour, assez rebarbative au premier abord : Batie autour d'une gare et de sa "central Bus Station" d'ou partent et arrivent en permanence des bus locaux ou d'autres villes (tous klaxonnant a coeur joie), c'est bruyant et agite. Mais une fois le bus 1 trouve, on peut aller jusqu'aux sites interessants : Un des plus grands sanctuaires de l'inde, et le Rock-Fort-Temple qui domine la ville.

Bon, le bus, c'est assez folklo (mais tres economique, genre 4 roupies le trajet). Une entree pour les hommes, une pour les femmes, mieux vaut ne pas se tromper. Les hommes s'asseyent a cote des hommes, les femmes a cote des femmes, mais les hommes et femmes d'une meme famille (freres soeurs maris etc) peuvent s'assoir cote a cote (quand meme), et c'est comme ca, point. Il n'y a plus qu'a refrener son envie de s'assoir quand la seule place libre est a cote d'un homme. De meme quand il n'y a plus de places assises et qu'il faut rester debout, les hommes restent plutot au fond du bus, et les femmes devant. Par ailleurs, il y a souvent pres du conducteur (au dessus, a cote, ou derrire) des petites statuettes multicolores de divinites (aujourd'hui j'en ai meme vu un avec des lumieres clignotantes). Ajoutons a cela un peu de musique locale (indescriptible, il faut l'entendre pour comprendre), un controleur-vendeur de billets, avec a la main des liasses de tickets, des billets coinces entre les doigts, des pieces de monnaies dans une sacoche sous son bras, et un sifflet (le tout dans la/le meme main/bras, il faut bien s'agripper quelque part, ou donner les tickets de l'autre), et voila, le tableau est complet.

Et c'est ainsi que je debarque au Srirangam Temple, reelement immense, et grouillant de vie. 7 enceintes, dont on passe les trois premieres sans s'en rendre compte. Enfin si, on realise qu'on est entre parce que pour la premiere enceinte, on passe sous le gopuram, une porte tres imposante (dominee par une sculpture en escalier (dur a decrire) de quelques 70 m de haut), mais a l'interieur (le tout est a ciel ouvert (vous suivez toujours ?), profusion d'echoppes, de trucs a touristes ou de marchands preparant des paniers d'offrandes que les fideles achetent afin d'aller rendre hommages au dieu. C'est le fameux melange indien du profane et du sacre.

Apres la 4eme enceinte, c'est pieds nus, et pas de socquettes rappelle un panneau (la regle c'est la regle, non mais !). Pour bien se representer un temple indou, il faut comprendre que ca n'a strictement rien a voir avec les lieux de cultes occidentaux ultra-structures. Deja c'est construit peu a peu, par ajouts successifs. Par exemple ce sanctuaire remonte dans sa partie la plus ancienne (un petit temple dedie a Shiva)au XIIIe siecle, et la derniere construction (le fameux gopuram de 70m surplombant une des portes de la premiere enceinte) date de... 1970 (!). Ensuite si un temple/sanctuaire est dans son ensemble dedie a UNE divinite (Vishnu dans le cas present), ca ne l'empeche pas de contenir une multitude de petits temples/hotels dedies a toute sortes d'autres divinites, plus un grand bassin de purification. Les fideles ne vont pas prier seulement l'important Vishnu (but du pelerinage malgre tout), mais aussi les autres divinites, ce qui fait que meme dans des coins recules, certaines statues sont couvertes de couleurs, de beurre clarifie, de fleurs etc... Certains coins sont accessibles a tous, d'autres interdits aux non-indous (le coeur des sanctuaires), d'autres encore portent des inscriptions en sanscrit, langue que seuls les Brahames, la caste superieure dont les pretres sont necessairement issus, ont le droit de maitriser. Bref, pour mes yeux d'occidentale, c'est un incroyable desordre.

Les fideles vont et viennent dans tout les sens, et il y a souvent un coin ou se trouve un elephant auquel les hindous offrent une offrande-friandise, afin qu'il les "benisse" avec sa trompe (j'imagine que l'elephant represente Ganesh, le dieu a tete d'elephant...). Il y a une multitude de rites qui m'echappent totalement, mais c'est tres vivant, tres colore (toutes les femmes sont en sari), tres beau. (je n'ose pas prendre beaucoup de photos, les gens prient quand meme, mais j'en ai quelques unes).

Aujourd'hui, je me suis attaquee au Rock Fort Temple. J'ai erre un bon moment avant de trouver l'entree : Assez etroite, coincee entre deux boutiques et avec un bazaar le long de l'entree interne, ca ressemblait a s'y meprendre a une alle commercante. Une fois passe le bazaar, on laisse ses chaussures a la consigne, et a l'attaque ! 417 marches selon le routard qui les a comptees. J'ai personnellement perdu le compte quand les escaliers debouchant a l'exterieur, en plein soleil, et sans ombre sont devenus brulants sous mes pieds (je rappelle qu'a ce moment la on est nu-pied), et qu'en levant les yeux j'ai realise qu'il restait sans doute plus de 70 marches. Ouch. si certains avancaient avec un calme admirable, d'autres, comme moi, grimacaient, et se depechaient de gravir la derniere volee de marches. A l'arrivee, une superbe vue sur la ville, (couverte, donc a l'ombre, merci pour les pieds), et une statue de Ganesh acceuillant les fideles. Ouf. On reste longtemps en haut (les gens s'asseillent pour profiter de l'ombre), et c'est normal, les plantes de pieds se souviennent encore de la montee..

Voila, plein d'information en vrac, mais l'Inde entiere est en vrac... Ce soir je reprends le train, 1h direction Tanjore ! p

Par Anne-Laure
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