Carte

Ceux qui ont de bons yeux distingueront peut être mon itinéraire, tracé très approximativement. En jaune les trajets en avion, en marron les trajets en voiture/train/bus...

Les autres... bah... tant pis..

 

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Jeudi 15 septembre 2005

Voila le debut de notre cinquieme jour a Goregaon, nom de la banlieue de Bombay ou nous logons -juste a cote de Malad ou se situe le bidonville.
Notre premier apres midi de "travail" veritable dans le bidonville a malgre tout ete un choc. On a beau etre prepare, savoir qu'il y a des choses qui depassent notre competence et pour lesquelles on ne peut -dans le meilleur des cas- que proposer une orientation vers un medecin, savoir qu'il y a des choses qui seraient soignees en France, pour lesquelles on a meme les traitements a portee de main (pour les mycoses par exemple), mais qu'il est vain de les appliquer : Meme si nous arrivions a faire suivre rigoureusement le traitement pendant trois semaines, vu l'humidite ambiante et l'abscence de soins le reste de l'annee, ca ne servirai au final a rien.
Bref on a beau savoir tout cela, se l'etre repete avant de partir, il y a un fosse entre la theorie et la realite crue qu'on se prend de plein fouet. Il y a ces gosses qui viennent se faire chouchouter pour un bobo ridicule -on desinfecte et on apprend a dire non aux demandes de bandages ou de pansements excessifs, ou a ne pas en mettre aux gosses n'ayant aucune chaussure ni sandale-, d'autre avec des plaies plus importantes (enorme entaille au front, blessure encrassee sous la plante du pied), et qu'on parvient egalement a panser (nettoyer la plaie du pied, enlever la peau morte, renettoyer, betadiner, appliquer un bon bandage sur un tule gras, porter le gosse jusqu'a chez lui avec pour consigne de garder le bandage propre ce soir, et de porter ses sandales pour revenir faire soigner sa plaie le lendemain... tout cela recompense par la satisfaction de, en repassant devant sa 'maison' en partant du bidonville, voir l'enfant assit a l'interieur agiter la main et montrer son pied, toujours propre...). 
Les gamins qui viennent pour avoir de l'attention et avec lesquels on joue en se comprenant a demi mot vu leur anglais precaire.
Il y a aussi des adultes que l'on peut aider, evidemment, les plaies aux pieds, encore, des brulures etc, meme s'ils viennent moins spontanement vers nous et qu'il faut arpenter le bidonville en attendant d'etre heles par eux. 

Mais toutes les belles theories sur nos moyens limites, ne sont d'aucune protection quand il faut reconnaitre notre impuissance devant la multitude de maladies dermatos que viennent nous montrer les femmes, ou de brulures vraiment graves, ou meme lorsque l'on doit expliquer qu'on ne peut rien pour les mycoses.. C'est tres dur a faire, psychologiquement, reconnaitre notre impuissance, et devoir leur expliquer, avec le vague sentiment de les trahir, eux qui croient tant en nous... D'autant plus que parfois la traduction ne semble pas fonctionner vraiment, et nous continuons a soigner d'autres avec de grands yeux poses sur nous, avec en eux, la question muette et pourquoi pas moi, hein ?. La solution de facilite serai presque de faire quelque chose de symbolique, une pseudo desinfection, ou un lavage au serum phy, mais ce serai malhonnete, hypocrite, uniquement dans un but de nous tranquiliser nous... Et faire cela serai bien plus grave que d'admettre "non, desolee, je ne peux pas".
Je sais pas si ca passe bien par les mots, ca peut paraitre derisoire, quelque part, d'autant plus que nous le savions avant de venir, que nous en avions conscience. Et qu'evidemment, personne n'attend de nous que nous soignons des choses hors de nos competence, evidemment on est limites et ce n'est pas notre faute.... Mais il y a quand meme un gout amer, un sentiment d'abandon, de trahison... Mais on aspire aussi a devenir soignant pour fuir l'impuissance, et la, maintenant, elle nous revient en pleine face.

Donc avant-hier soir, apres cette premiere apres midi de soins, nous etions un peu sonnees, toutes plus ou moins. Neanmoins, en depit de tout ce que j'ai dit plus haut, je reste intimement persuadee que nous servons a quelque chose (et je ne crois pas me mentir a moi meme), meme au dela de la bobologie d'enfant ou des pansements de plaies "faciles". Comme je l'ai dit dans le precedent message, je pense vraiment que la mobilisation autour du bidonville, de tant d'etudiants (il y a une equipe de toulousains dentaires aussi), ce reseau de parainage qui ne cesse de grandir, les contacts avec l'exterieur, des occidentaux qui viennent de loin, tout ca cree une dynamique positive, reconfortante pour les gens du bidonville, et, au final, esperons-le, aide certains (au moins les parainnes) a tendre vers une vie un peu meilleure.

Hier matin, nous sommes parties tot pour Mumbai, et pour une fois, avons beni la segregation par le sexe dans les trains indiens : Les wagons etaient bondes au dela de l'entendement. A cote le metro aux heures de pointe, c'est une aimable plaisanterie. Il n'y a pas de portes aux wagons, et des grappes d'hommes s'accrochent aux barres en fer et debordent sur les cotes... Les wagons pour femmes sont bondes mais moins, et au moins se sent on en securite.
Mumbai, hier, c'etait juste pour acheter des timbres, changer des travellers pour certaines, et prendre des renseingnements pour les filles, qui, profitant du fait que notre groupe est important, veulent partir quelques jours (un week end prolonge) en tourisme, sans pour autant abandoner le bidonville, puisque d'autres (dont moi, fatiguee de l'itinerance), resteront a Goregaon...
Au detour d'une rue, nous sommes tombees sur la mer, demontee -je l'ai dit, le temps n'est pas au beau fixe-, et nous attrapons une bonne saucee.

L'apres midi, nous arrivons au bidonville sous des trombes d'eau, en groupe reduit (4, car deux filles, crevees, etaient restees a l'appart') et courons nous mettre a l'abri sous les baches -fuyant un peu- qui protegent le banc ou nous nous installons habituellement. Enfin, "courir" n'est qu'une figure de style, puisque pour atteindre ce banc, il nous faut gravir la colline, par des chemins terreux et pierreux ruisselants d'eau et de boue, contourner les flaques les plus importantes -ou les plus sales-, et serrer les mains des gamins pas tellement troubles par les elements.
La pluie ayant douche quelques enthousiasmes, malgre tout, notre apres midi est plus tranquille au point de vue de soins que la veille, rien qui ne depasse notre competence -sauf une ou deux plaies pour lesquelles nous etions a court de materiel et que nous avons panses sommairement avec pour consigne de revenir le lendemain... Je connais deux mots de l'hindi local "Dukbai" (ca fait mal) et "Kal Ana" (reviens demain). Sans oublier le fameux "didi". Didi what is your name ? Didi, Dukbai ! Didi Bandage ! Didi Anlo ?
Au bout d'un peu plus d'une heure, plus de candidats serieux a des soins, nous nous transformons en GO/monture pour gamins/fronts a decorer (je ne sais pas pourquoi, mon point rouge hindous applique par le premier gamin degenere vite en plaque rouge sur le font consencieusement etalee par tous les autres).
On sort de la epuises, mais heureuses, leur vivacite et leurs rires aidant a faire oublier l'amertume des "non, je ne peux pas". Je sais, c'est cliche, mais c'est vrai.

Voila un peu notre quotidien...
Il pleut encore ce matin, on espere une acalmie bientot, d'autant plus que les lessives mettent une eternite a secher et du coup mes fringues sensees etre propres puent le moisi... Ah il y a des choses que je vais etre heureuse de retrouver en France ! 

Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Mardi 13 septembre 2005

Nous sommes donc arrivees le 11 au soir a Bombay, depuis Udaipur.
Depuis quelques jours deja, des averses de pluies nous surprenaient dans le sud du Rajastan, et, ca n'a pas loupe, notre avion a ete retarde de 3h pour causes d'intemperies. Le hic etant que nous devions retrouver a Bombay la sixieme fille arrivant de Paris, et que nous avions que... 2h de marge. Mais l'experience de Delhi ayant ete une "bonne lecon" pour moi, j'avais prevu le coup et m'etais munie des coordonnees telephoniques de notre contact francais a bombay, qui a tres gentiment tout organise, pour venir nous cueillir a l'aeroport des lignes interieures, avant d'aller chercher la sixieme a l'aeroport internationnal.... L'avion de la sixieme ayant ete egalement retarde, par un espece de miracle, tout s'est parfaitement goupille, et nous etions bien presents -quoique un peu febriles (et si elle etait deja descendue ?)- lorsqu'elle a franchi les derniers controles douaniers.

C'est ainsi que vers une heure du matin, nous debarquons dans l'appartement qui va nous abriter pendant les semaines a venir. Personnelement je suis assez heureuse de poser mes valises et de passer plus de deux nuits de suite au meme endroit, chose qui n'est pas arrive depuis trois semaines...
Alors l'appart'.
Il est localise dans la banlieue nord de bombay (mais c'est toujours bombay), a une trentaine de kilometres du centre ville. L'endroit est calme, residentiel, et apres un examen approfondi, semble etre le lieu de vie d'une classe moyenne relativement aisee... Mais nos criteres occidentaux ne sont d'aucune aide pour evaluer ce genre de chose : De l'exterieur, les batiments sont ceux que l'on atriburait a la "zone" en France ou ailleurs : Facades defraichies, toutes les fenetres sont "sous cage", et dans l'espace entre la vitre et les fenetres, partout, de la lessive prend l'air. Cependant, dans les cours des immeubles, des voitures relativement neuves, a certaines fenetres, des plantes decoratives, des ecoles ou des bus scolaires prives au coins des rues, et quelques jeunes indiennes habilles a l'occidentale... Tout ca ne trompe pas, c'est la classe moyenne qui peut s'offrir ces logements.

Nous voila donc dans notre cage d'escalier, un, deux, trois, quatre etages sans ascenseur, et nous entrons dans l'appart, soulagees de pouvoir poser nos affaires.
L'appartement est spartiate, mais contient tout le necessaire : une entree-salon avec une table, six chaises, un fil a linge et une petite etagere pour stocker notre materiel medical, deux chambres avec chacune trois lits de camp au dessus desquels nous nous empressons d'accrocher les moustiquaires, cuisine "equipee" : frigo, rechaud a gaz et lavabo, salle de bains avec un robinet d'eau froide et un rechaud electrique independant (ce qui oblige a remplir un seau d'eau brulante, le melanger a de l'eau froide, et prendre un petit recipient pour se doucher a partir de l'eau ainsi preparee), et, enfin, last but not least, les toilettes a la turque (c'est plus hygienique, hein). Le tout etant assez sale -le groupe precedant occupait un autre appart. Mais nous nous endormons en remettant les projets de nettoyage au lendemain.

Voila deux nuits que nous sommes ici, et il a plu les deux nuits -mais pas en permanence-. C'est le baroud d'honneur de la mousson, particulierement severe cette annee, mais que tout le monde pensait terminee. L'air est charge d'humidite, nos lessives ont du mal a secher, les gateaux secs mollissent, et un comprime laisse a l'air libre se decompose de facon assez ahurissante en 24h.

Notre contact francais nous a emmenes a la decouverte du bidonville, hier, afin de prendre un premier contact avec les habitants, et de nous situer un peu.
Le bidonville squatte la bordure d'un parc nationnal, et s'etend plus loin que nous ne pouvons l'imaginer -nous sommes limites a une partie. C'est beaucoup plus vert que tous les cliches que vous pouvez avoir en tete, mais l'habitat est tout aussi precaire. Il y a encore deux-trois ans, il y avait quelques maisons en briques, une ecole en dur, un point d'eau potable (au moins pour les indiens). Mais il y a deux ans, le gouvernement, desireux de mettre le hola a l'envahissement du parc, a tout rase. Tout. L'ecole, les maisons, l'eau potable. Alors les habitations sont toutes faites de toles ondulee, de baches et de quelques briques precaires, l'ecole maternelle a demenagee dans un bus ecole, privant plus des trois quart des enfants qui y etaient scolarises d'une premiere education, et le seul point d'eau est un puits, dont l'eau est impropre a la consommation. Parce que, malgre le rasage des quelques habitations en dur, malgre les conditions de vie, la crise du logement est telle, a bombay, que ces gens, pour la pluspart salaries, pourtant (veilleurs de nuits, femmes sous-traitant des petits travaux, voire quelques ingenieurs), n'ont pas le choix. Et que ce bidonville, "au calme", est preferable aux taudis entre deux immeubles ou sous les ponts, si nombreux, si nombreux.

Notre arrivee ne passe pas inapercue et l'acceuil est extraordinaire. Ca fait des annees maintenant que des benevoles defilent ici, alors tout le monde est habitue, sans pour autant que l'enthousiasme debordant des gamins n'en soit diminue. De partout s'elevent des voix "Didi ! Didi !" (grande soeur) ou "uncle !", et des gamins nous encerclent, echangent quelques mots avec notre contact francais, avant de nous demander notre nom et de s'enfuir en riant quand nous leur demandons le leur, ou de nous serrer la main, ou encore, de glisser une petite main dans la notre, et de rester la, a cote, serieux comme des papes. Une des filles parainnees grace au reseau qu'a monte notre contact, nous offre du the indien. Elle part un petit recipient a la main, et revient cinq minutes apres, du lait tout frais a l'interieur -Partout dans le bidonville se baladent des chevres-.
En un mot comme en cent, l'acceuil est formidable et dissipe nos apprehensions. Meme si sur le plan medical nous ne serons sans doute pas d'une grande aide, l'essentiel est sans doute ailleurs : entretenir la dynamique qu'a su creer notre contact : de plus en plus d'enfants sont paraines et beneficient d'une education, et le fait que des etrangers viennent de si loin, pour tenter d'aider, meme si pour une plaie serieuse on soigne cent bobos d'enfants, c'est important, bien plus important que le nombre d'actes medicaux, ou l'aide materielle concretement apportee.

Un dernier mot avant que je ne doive y aller : Nous avons la chance d'assister cette semaine au festival de Ganesh. C'est un festival local (?) au cours duquel chaque famille ou chaque communaute, emporte une statue (ou statuette selon les moyens) du dieu Ganesh jusqu'a la mer, en une procession, a pied, en suivant un ricksaw, ou un camion, ou un char, selon les moyens, le tout accompagne de tambours, sonos, petards et jets de poudre rouge (l'equivalent de nos confettis). c'est tres colore, tres bruyant, tres vivant, tres surprenant.

 

Voila, la suite au prochain episode !

Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Mardi 6 septembre 2005

Le 5 au matin, j'ai donc rejoint Delhi par le train... Cette fois en classe la plus simple, sans air conditionne, mais sans vitres non plus (les fenetres n'avaient que des barreaux), un trajet de pres de 3h, bringuebalant sur les banquettes, mais finalement assez vite passe. Il faut voir un train indien, les vendeurs de the/coffee qui arpentent inlassablement les allees "chai ! Chai !" (c'est le nom du the-au-lait-au-sucre-aux-epices typiquement indien), les vendeurs de nourriture, les vendeurs de petits objets a la sauvettes, les mendiants, aussi. Cette gamine qui encadree par une grand mere, arpentait les allees en se "desossant" pour faire passer son corps dans un minuscule cerceau ou elle avait au prealable coince son cou et ses pieds (tordue en arriere)...
Les gares en elles memes sont sales (dechets sur les voies, rats), et rassemblent des misereux alentours, des gamins qui mendient...

J'arrive finalement a Delhi et trouve sans probleme l'hotel ou les filles ont deja reserve nos chambres pour la nuit. Je marche un peu dans Delhi en les attendant. Et decidement, je n'arrive pas a aimer Delhi, trop polluee, trop sale, trop encombree, etouffante. Et la misere, choquante. Les passages souterains sous les rues sont des veritables cours des miracles, avec tous les estropies/mendiants de la ville interpellant les passants. La nuit, des centaines de personnes dorment dans les rues, juchees sur un scooter, ou etalees sur le trottoir, des gamins en guenilles sont loves sous un abris de baches...

Peu de temps apres mon retour a l'hotel, les filles me rejoingnent, rires, embrassades, et le fin mot de cette histoire d'avion : leur vol etait bien le "Air France" meme si leur billet et les references de leur vol etaient differentes (delta airlines). Je serai restee une heure de plus pour attendre ce mysterieux avion air france en retard, je ne les aurai pas loupees... Il est encore plus frustrant de savoir que l'hotel ou je souhaitais me rendre avant de me faire arnaquer etait precisement celui qu'elles avaient choisi pour passer la nuit... Mais bon, tant pis, n'y pensons plus, j'ai finalement vecu de bons moments de mon cote...
On va chercher la derniere a l'aeroport le soir meme. C'est bon, nous sommes toutes les cinq reunies.

Le lendemain, reveil aux aurores (5h00), pour nous rendre en bus a Jaipur.

Nous commencons donc a traverser le Rajastan, pays du desert (plus a l'ouest) et des Maradjas, de leurs palais... Le paysage se modifient, quelques reliefs apparaissent, la terre sous la couche de verdure apportee par la mousson, est seche, rouge, rocailleuse...
Les dromadaires remplacent souvent les boeufs pour tirer les chariots, impassibles, la tete haute, ils avancent, indifferents a l'enervement des routes.

Jaipur... Jaipur, tout aussi follement encombree qu'Agra, une circulation monstre, surtout en fin d'apres midi, et une impression difficile a rendre sur le papier. Il faudrai pouvoir decrire les odeurs, la pollution, la poussiere, les klaxons et les cris des chauffeurs, la sensation de danger permanent alors que l'on tente de traverser la rue, en se faufilant entre deux vehicules, vite, vite.... Et puis la foule qui se presse sur les trottoirs, devant les etals de tissus ou de fruits secs, dans les marches...

Mais Jaipur, et son Amber palace... Apres une vingtaine de minutes dans le bus local, (dans lequel nous nous attirons beaucoup de regards surpris), nous arrivons au pied de ce palace, juche sur sa colline, qui domine les alentours.
Petit plaisir de pures touristes, nous nous offrons la montee (et le retour), a dos d'elephant... C'est tellement cliche, mais tellement tentant... Et au final, amusant (et plus reposant pour nos jambes).

Le Palais en lui meme, ensuite, suffisament vaste pour qu'on ai parfois l'impression d'etres seules, en depit des autres touristes (en majorite indiens, d'ailleurs).
Il y a ces chambres aux murs et aux portes richement decores, incrustes de miroirs, peints, et sculptes, et puis il y a ce dedale de petites pieces, d'escaliers, de balcons, que nous empruntons au hasard, pour le plaisir de se perdre et de decouvrir des recoins, un morceau de rempart isole, une vue sur la vallee, ou les jardins a la perse au centre d'une des cours.

C'est beau et reposant, loin de l'agitation de Jaipur et ses deux millions d'habitants, que l'on distingue au loin.

On termine la visite en se faisant photographier avec une jeune indienne, magnifique dans son sari, a la demande de son ami, puis a notre grande surprise, un groupe de "vip", manifestement des officiels (accompagnes de policiers et d'autres personnes avec des fleurs a la main), femmes en sari et hommes a l'occidentale (si ce n'est un ou deux turbans shiks), nous font signe de les rejoindre sur la photo qu'ils viennent de prendre, posant en groupe sur les marches du palais. Alors, hilares, dans nos pantacourts elimes, nos tee shirts trempes de sueur, et nos petits sacs a dos, nous sommes immortalisees avec ces inconnus manifestement importants...

Et pour finir, un mot sur notre hotel, sans doute un des meilleurs qui puisse exister a ce prix (800rs pour 5), un peu excentre donc agreablement calme. Sa terrasse sur le toit est amenagee avec gout, les chaises en fer forge ont des dossiers sculptes, dans un coin des fauteuils en rotins, et poufs avec coussins et table basse a l'ombre, une cuisine suculente. Le tout a l'ombre avec un petit courant d'air frais.. Un vrai petit coin de paradis, bienvenu apres l'opressant retour du palace a Jaipur, ou l'on retombe dans le bruit, la bousculade et la pollution (sans compter la fatigue, debout que nous sommes depuis 5h du mat)...

 
Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Dimanche 4 septembre 2005

Agra, la ville du Taj Mahal.
Agra, la ville dont les restaurants, a une epoque, empoisonnaient sciemment les consommateurs pour les emmener dans des cliniques privees complices et arnaquer les compagnies d'assurance occidentale.
Agra, la ville des chauffeurs de rickshaw capable de vous suivre pendant 10 minutes malgre vos refus/abscence de reponse.

Agra...

Au moins suis je arrivee dans un bus, avec d'autres touristes. Apres une seconde nuit difficile a Delhi (le bruit de la circulation tue dans l'oeuf toute tentative de fermer l'oeil avant 1h du mat, et je ne pouvais pas mettre les boules quies, devant etre reveillee le lendemain matin tot), la climatisation a aide a faire passer les 6h de route, ponctuee d'un arret "breakfast".

Le mini-bus est en majorite rempli d'occidentaux, et a la pause je lie connaissance avec un Irlandais, une Irlandaise, un Australo-Indien, respectivemment la depuis 2jour, 6semaines et 4 mois... On echange nos impressions, nos anectodes, les milles et une fois ou on s'est fait rouler/ou on a failli se faire rouler. C'est tres reconfortant d'ecouter les mesaventures des autres en fait... L'irlandais a eu droit a la meme chose que moi pour son arrivee a Delhi : le chauffeur de taxi malhonnete, l'hotel sordide...

Puis, finalement, nous debarquons a Agra, et nous nous separons avec la promesse de se retrouver au Taj a 15h pour le visiter ensemble. Je me rends a l'hotel ou les filles etaient la veille au soir, et ou elles m'ont reserve une chambre. L'hotel est nettement mieux que ceux de Delhi, calme et moins cher... Que demander de plus ?

Evidemment, comme tout ne peux pas aller comme sur des roulettes, a 140h30-15h il pleut des cordes. C'est vraiment impressionant, les petites rues environnant l'entree du Taj n'ont pas de caniveau (en fait le contraire serai etonnant en Inde), et sont en pente, formant des petits torrents dans certaines, des gamins jouent dans l'eau qui leur arrive au genoux, s'ebrouant sous les gouttes en riant.
Donc mon rendez vous au Taj tombe a l'eau, les autres sont introuvables. N'ayant pas tres envie de visiter le taj mahal sous un ciel encore gris, je decide de marcher jusqu'a Agra Fort, autre lieu de la ville a visiter.
 
Agra fort, c'est un petit bastion fortifie, qui regroupe un dedale de petits palais, jardins, et meme une mosquee (cette derniere n'etant malheureusement pas accessible). Et sur qui tombe-je en attendant pour prendre une photo de la vue avec le taj mahal au loin ? Sur un francais, lui aussi lonely sous le bras et appareil a la main. Ca fait quinze jours que je parles anglais, tente de dechiffrer l'accent indien (avec certains je mets un moment a dechiffrer ce qu'ils ont voulu dire... l'anglais est correct mais l'accent...), alors parler francais, enfin, est un vrai bonheur. Et puis il faut bien etre deux pour comprendre quel endroit est nomme comment et sert a quoi, dans ce fort...
 
Je n'ai visite le taj Mahal que le lendemain, mais j'ai ete heureuse d'avoir attendu le retour du soleil.
C'est dur d'en parler sans tomber dans les banalites, mais bon, essayons.
Deja le mauvais cote : la foule. D'innombrales indiens visitent le taj, et se font prendre en photo par des photographes professionels, dans des poses improbables devant le Taj Mahal.
Mais une fois qu'on se rapproche, qu'on se pose sur un coin de pelouse ombragee pour l'observer, ah, ca vaut le coup d'etre passee a la fouille, d'avoir du retourner deposer sa lampe torche oubliee dans le sac a la consigne (c'est interdit pour d'obscures raisons, de meme que les telephones, la nourriture etc),
Que dire, si ce n'est qu'il est magnifique, le marbre blanc au soleil qui en ferai presque mal aux yeux, les proportions harmonieuses et la symetrie parfaite, les versets du coran encadrant la porte principale.... Tout est somptueux. L'interieur du mausolee est obscur, la lumiere penetrant par des claires-voies ciselees sur les cotes... Une foule de touriste tente de lancer des pieces dans la salle souterraine ou sont en realite les tombeaux.
A l'exterieur, les jardins sont agreables, on peu meme trouver un peu de frais et d'ombre pour se reposer
 
En une chose, Agra est representative de l'Inde : les contradictions, les inegalites. Il y a le Taj Mahal, legendaire, majestueux, entoure de ses jardins paisibles, mais le tout entoure par une ville sale, bruyante, encombree, finalement peu attachante (en dehors de ses monuments). La pauvrete la plus absolue, les mendiants estropies, la misere, mais aussi la beaute architecturale, le luxe de ces anciens palais, la modernite de certains cafes internet pour touristes... La richesse de nous autres occidentaux, ou meme celle, de certains touristes indiens (il y a plus de touristes indiens que d'occidentaux sur beaucoup de sites), la misere la plus noire de certains, qui dorment dans les rues ou de momes en haillons... Tout cela dans un meme lieu, qui se cotoie, se bouscule, pour former cet indescriptible chaos qu'est une ville indienne.
Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Dimanche 4 septembre 2005

Le premier septembre, je quittais Madras, par avion pour Delhi, ou je devais retrouver trois des quatre filles avec lesquelles je dois finir le voyage, jusqu'a Udaipur puis Bombay.

Mon avion arrive a l'heure, a l'aeroport des lignes interieures de Delhi. J'ai deux bonnes heures d'avances sur l'horaire des filles, tout devrai bien se passer. Je me renseigne, et on me confirme ce que je pensais "oui les vols en provenance de Paris arrivent bien a l'aeroport Internationnal de Delhi" (logique).
Je vais au guichet des taxis pre-payes, je paye mon trajet pour rejoindre l'aeroport internationnal, je prends le taxi qui me debarque a l'aroport internationnal. Je vais m'assoir dans la salle d'attente pres du terminal des arrivees, le panneau indique bien un vol en provenance de Paris arrivant a l'heure a laquelle les filles sont censees arriver. I did it. Je suis tres fiere de moi. Je me plonge dans mon bouquin pour tuer le temps, puis l'heure d'arrivee approchant, je leve le nez de plus en plus souvent de mon bouquin pour verifier l'etat du vol. Et soudainement, a dix minutes de l'atterrissage, je realise soudain que le logo de ce vol n'est PAS celui de Delta Airlines (vol des filles), mais de Air France. C'est pourtant le seul terminal de cet aeroport. Je ne comprends pas ce qui se passe (la question reste a elucider), tout ce que je sais, c'est qu'il est bientot 22h30, que je suis seule a Delhi, et que je n'ai aucune idee de l'hotel ou je pourrais aller. Et qu'aucun bureau d'information n'est la pour me renseigner sur Delta. Rien. Nada.

Apres un chek up du lonely planet, je jette mon devoulu sur une guest house qui semble tout a fait honorable, et je vais au guichet des taxis pre payes.

Et c'est la que la galere commence, evidemment, le chauffeur de taxi pretend n'avoir jamais entendu parler de cet endroit, je tente d'insister, mais c'est impossible. Il est tard, je suis fatiguee, et je ne connais pas la ville. Je finis par baisser les bras et aller dans l'hotel indique par un pretendu "information tourist center" (en inde ce ne sont ni plus ni moins des agences de voyage deguisees), opportunement situe sur l'itineraire de mon taxi (ben voyons...).

La chambre dont j'herite pourrait etre correcte si ce n'etait les trois cafards sur le sol, la serviette de toilette tachee de rouille, mais bon, au moins y a t il une salle de bain et je suis en securitee. Mais je l'ai vraiment mauvaise de payer 660 rs (ce n'est jamais que 12e, et certes, delhi est une ville chere, mais ca reste cher vu l'etat des chambres).
Je dors mal, a peine, j'essaie d'imaginer ou sont les filles, comment les joindre, que faire si je n'y parviens pas... Et surtout je me promets de degager de cet endroit a la premiere heure le lendemain.

Promesse tenue, le lendemain a neuf heures trentes un taxi me debarque au centre ville pres du quartier ou je sais pouvoir trouver guest house et connexion internet. Avec mon gros sac sur le dos et mon lonely planet a peine dissimule sous le coude, je suis aussitot assaillie par une horde de rabatteurs pour des agences de voyages, etc. Je tente de m'en debarasser, mais ils sont insistants, je poursuis mon chemin en les ignorant et en essayant de piger dans quelle rue je me trouve (parce que si y avait des panneaux pour indiquer le nom des rues en Anglais, ce serai trop facile). Soudain un type (un de plus) m'aborde, alors que je suis toujours suivie par d'autre, me conseille de ranger le lonely planet et me propose de me donner une carte gratuite. C'est trop beau pour etre vrai, mais je commence a n'en plus pouvoir, donc j'accepte. 

Je lui explique la guest house ou je veux aller, il m'en conseille une seconde, me donne une carte, m'offre le the. Je lui dit que je devrai probablement devoir me rendre a Agra bientot, et lui demande si il peut me reserver un billet. Oui, evidemment, il peut. Il tient une agence de voyage quand meme... Il faut que j'ailles sur internet et ma preoccupation premiere est de trouver une chambre pour la nuit, alors je le quitte avec la promesse de repasser a 14h pour le repas.
Je trouve la guest house indiquee (au dernier etage d'un immeuble de bureaux, mais propre, sans cafards, et moins chere), je reserve pour une nuit, et me rue sur le premier centre internet du quartier.
Les filles m'ont deja envoye un message, j'espere les rejoindre a Agra le lendemain. Je respire, ca va mieux, je sais que j'ai un point de chute.

Apres un court repos, il est (deja) 14h, je retourne a l'agence, le type m'offre le repas (thali), c'est reconfortant, parce que meme si il doit me rouler sur le billet de bus a reserver, j'aurais toujours eu un repas gratuit.
Il est sympa donc on parle une bonne partie de l'apres midi, et quelques heures plus tard, j'ai mon billet de bus en poche, un bus climatise qui doit venir me chercher dans ma guest house le lendemain matin.
Re-consultation internet, deuxieme mail des filles, elles ne peuvent m'attendre a Agra, aillant deja reserve un circuit avec chauffeur, mais rendez vous est donne a Delhi le 5 sep.

Ca va quand meme mieux...

Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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