Carte

Ceux qui ont de bons yeux distingueront peut être mon itinéraire, tracé très approximativement. En jaune les trajets en avion, en marron les trajets en voiture/train/bus...

Les autres... bah... tant pis..

 

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Mercredi 31 août 2005
Voila, je passe dans cette charmante ville mes deux derniers jours (deja !) de voyage solitaire, avant de rejoindre des amies a Dehli.

Partie hier soir de Tanjore, par le train de nuit, j'arrive, les yeux  encore englues par le sommeil a Madras (=Chennai) (vous l'aurez remarque, hors de question de faire simple, plus il y a de noms pour tout, plus il y a de confusions possibles, c'est tellement mieux comme ca...).
Le train de nuit... Premiere classe a nouveau, petite chanceuse que je suis. La premiere classe... Pays surpeuple et habitude de la promiscuite oblige, ici, pas de compartiments. Imaginez un grand dortoir, mais pas trop sordide non plus, hein, c'est la premiere classe malgre tout. Donc sur votre gauche, des blocs de 4 couchettes (comme dans les wagons corails francais sauf que ce n'est pas "solidement" compartimente), fermes, si l'on peut dire, par des rideaux, et sur votre droite, des blocs de deux couchettes, l'une en dessous de l'autre dans le sens de la longueur. On a le droit a un oreiller, au journal du jour, a des draps qui sentent bon le citron, et a une couverture, dont l'odeur est, par contre, plus affiliee au chien mouille qu'aux agrumes.  Air conditione plus ventilos (heureusement munis d'un interrupteurs), c'est limite si on a pas froid pendant la nuit.
Le trajet est laborieux, ponctue de nombreux arrets qui me tirent du sommeil, mais finalement relativement confortable.
5h du matin, me voila sur le quai de Chennai, yeux et esprits embrumes, et je suis le chauffeur du taxis vers son vehicule, on en a pour une a deux heures pour gagner Mahabalipuram.

Il fait nuit, une nuit sombre, chaude et humide, et au loin, des clartes diffuses d'orages illuminent les nuages.  Les rues sont quasi vides, sans doute aussi proche du vide qu'il est possible de l'etre dans une ville Indienne, peu de klaxons, l'air se charge de plus en plus d'humidite, au fur et a mesure qu'on s'approche du bord de mer et de l'orage. Une odeur profonde et boisee, l'odeur de la terre avant la pluie envahit l'habitacle, la pluie se met a tomber, et sur le pare brise, elle diffracte les phares des voitures arrivant. La voiture est un petit ilot de calme dans tout cela, et bizarrement, l'orage qui gronde autour, la pluie battante et les quelques mots que le chauffeur m'adresse de temps a autre, me bercent, dans un etat semi comateux. Je suis bien.

Une heure et demie plus tard, je m'effondre sur le lit de la chambre de l'hotel, pour me reveiller, deux heures plus tard, encore habillee et la joue froissee. L'orage a a peine allege l'atmosphere, toujours tres humide.

Tiens, profitons en pour parler du "south Indian Breakfast", servi dans tout hotel sud-indien se respectant. Alors nous avons, en dehors du the, du jus de fruit frais (papaye, ananas) et des fruits frais,  des mets typiquement indiens : un Idli, une boulette de riz blanc fermente, une dosa, crepe tres fine, a base de farine de lentille (merci le lonely planet pour l'explication), un puri une pate souffle, et un espece de beignet aux pommes de terres et aux epices. Le tout acompagne d'un peu de chutney et d'epices pour agrementer le tout. Non seulement c'est succulent mais on est cale pour un bon moment.

Mahabalipuram, que je decouvre aujourd'hui est un village vraiment agreable, loin de l'agitation des villes, la circulation n'est pas intense et se limite surtout a un axe principal. Petit village touristique de bord de mer, avec ses pecheurs et ses tailleurs de pierres.
Ses sites historiques sont absolument epoustouflants : des temples (qui ne sont plus usites, mais qui restent tres bien conserves) litterallement tailles dans la  montagne. Au sens propre du terme.  Des cavites ont ete creusees, patiemment, pour etre ornees de colones, de sculptures et de statues diverses, dedies aux differents dieux. A le lire ca n'a peut etre l'air de rien, mais il faut le voir, vraiment !
Comme ces "fives rathas", ces cinq temples monolithique en forme de ratha (=char de parade), dedies a cinq des grands dieux indiens, ont ete tailles dans des blocs de granit preexitants. Certains ne sont pas acheves, laissant voir la methode de travail : on part du haut et on descend progressivement, comme si les somptueux edifices avaient toujours ete la, qu'il suffisait de creuser...
Ajoutez a cela le "shore temple", un petit temple pres du rivage, qui resiste a l'usure des embruns depuis le XIIIe siecle, et vous comprendrez pourquoi les touristes affectionnent cet endroit... (il y en a plus qu'ailleurs, mais relativement peu, c'est vraiment la bonne saison).

Forte de mon experience du Nepal et des visistes des temples indiens, je commence a connaitre les cles necessaires au decryptage de certains symboles religieux. Chaque grand dieu (Shiva, Vishnu...) est dote d'un "vehicule", un animal qui lui sert de transport terrestre (le Nandi (taureau), le lion...), ainsi que d'un symbole le representant (lingam...). Cela permet aux fideles de s'y retrouver, puisque si les noms des divinites peuvent changer selon les regions, ces symboles restent les memes.
Je suis donc maintenant capable d'identifier certains de ces temples, nottament ceux de Shiva. Malheureusement, je mets un peu trop de coeur a l'ouvrage, et j'ai tendance a voir Shiva partout. Parce que ces petits rigolos, ils peuvent tres bien s'amuser a mettre un taureau dans une fresque, mais un vulgaire taureau, pas le nandi, vehicule sacre, et moi, me raccrochant a ce que je peux devant ces immenses bas reliefs, de me dire "oooooooooh un autre temple dedie a Shiva", et de lire dans mon guide "temple dedie a Vishnu, au centre de la fresque [...] noter sur le cote une scene villagoise, avec un boeuf".... Sans commentaires.

Alors que je flane entre les differents petits temples creuses dans la meme montagne, je me fais aborder par un jeune homme qui commence a me donner des explications, il est dans une ecole de tailleurs de pierres, et c'est son jour de conge alors il donne des explications "free, cadeau" m'assure t il dans un grand sourire alors que je lui signifie que je ne veux pas de guide. Ouais, tu parles charles, je le vois venir gros comme une maison ca va pas etre cadeau au final, rien n'est cadeau ici. Et, O surprise, au detour de la visite, alors que l'on repasse devant la rue "viens voir mon ecole", (ben voyons !), et la, evidemment, il me presente son maitre et dans une piece couvertes d'etageres croulant sous de petites scultures ils commencent a m'en faire la promotion, par le menu. C'est de bonne guerre, remarquez.
Neanmoins je suis loin d'etre stupide et je sais desormais eviter les pieges. Et  il est vrai que les statuettes ici sont nettement plus belles, mieux travaillees que dans certaines boutiques longeant les sites touristiques. J'en choisis deux, et voila venu le temps des negociations. Roupies ou dollards ? J'ouvre de grands yeux, joue l'innocente "Roupies !" (genre "hein, dollard, vous dites ? quel etrange mot ! Ca se mange ?), puis je negocie leur prix en roupies "mmm, vous etes surs ? je crois que je vais reflechir..." c'est fou ce que ces mots magiques aident a diviser un prix... On se met d'accord, ils ont beau me jurer leurs grands dieux que je les mets sur la paille, leurs grands sourires et leur reconnaissance (merci d'aider notre ecole), dementent leurs propos... Finalement tout le monde est content, je n'ai sincerement pas le sentiment de m'etre fait rouler, et puis, tout est relatif.
Un euro pour moi, c'est 50 roupies pour eux, dans ce coin de l'Inde frappe par le tsunami il y a peu. J'ai toujours eu mauvaise conscience a marchander dans ces pays, je ne suis pas le genre "c'est une lutte a mort et JE vais gagner", et tant mieux pour eux finalement...

[il y a encore bien des choses a dire, mais je poursuivrai un autre jour]
 
Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Mercredi 31 août 2005
Apres un nouveau voyage en train, je quitte la bruyante Trichy pour Tanjavur (=Tanjore).
Ici, de nouveau des rues poussiereuses et enombrees, bruyantes et agitees, mais la ville, plus reduite que Trichy se visite plus facilement.
Je commence de bonne heure, par le temple de Brihadishavra, rebaptise "big temple" par les anglais, nom certes nettement moins poetique mais egalement nettement plus prononcable.
Le big Temple est (comme son nom l'indique), grand, imposant, majestueux. Le contraste est saisissant avec le temple de Madurai (que j'ai tout autant aime ceci dit).

Le temple de Madurai, encercle par la ville, grouillait de vie, une foule joyeuse, coloree, parfois compacte, des echopes squattaient jusque dans son sein, et la rumeur de la circulation avoisinante se laissait percevoir. Il etait dans sa plus grande partie couvert, ses statues et ses "gopurams" peints d'invraisemblables couleurs, il avait pour lui ses recoins sombres et secrets, ses multiples petits autels, ses statues tachees de peintures, d'offrandes, traces de la ferveur populaire
.
Brihadishavra, lui est  decouvert et vaste, suffisamment vaste pour sembler reelement hors de la ville, hors du temps. Au milieu de sa vaste "cour" interieure un temple couvert, dedie a Shiva, devant le temple, un immense Nandi (= statue de Taureau "vehicule de Shiva" donc un de ses symboles toujours presents dans ses temples), trois autres petits temples, isoles, et voila. Le tout a ciel ouvert, en pierre jaune. Les fideles sont nettement moins nombreux, ici, calme et serenite semblent etre les maitres mots. Et en Inde, c'est appreciable.
Je flane entre les temples, deux femmes et un gamin m'arretent pour me demander de les prendre en photo. Je regarde les inscriptions en sanscrit. Un brahmane, son fils tout jeune dans les bras, son petit crane rase et recouvert d'une teinture jaune, me depasse, il recite une phrase, et la fait reciter a l'enfant.
J'entre dans le temple principal, le marchand d'offrandes me tend deux petites bougies a allumer aux pieds de Ganesh (porte bonheur, parait il). A l'interieur du sanctuaire, deux brahames officient, en retrait, je les observe. Ici, point de bousculade, mais la ferveur est bien la.
Je l'ai dit, j'aime cet endroit, paisible.
 
Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Lundi 29 août 2005

Hier matin, reveil aux aurores (5h20) pour aller prendre le train de 6h40 pour Trichy (egalement appelle Tiruchirapally), me voila donc dans un train indien ! Je dois avouer que j'etais loin d'etre a plaindre, etant placee en 1ere classe AC (qui, en gros, est l'equivalent niveau confort des secondes classes des corails chez nous). Je n'ai pas de voisine, sans doute parcequ'il n'y a pas d'autre femme voyageant seule, et que les femmes doivent etre assises avec des femmmes. De l'autre cote de l'allee, une femme dans son magnifique sari, avec sur le siege d'a cote son bambin recouvert par le tissu (un sari fait quand meme 5m50, il y a de quoi faire...).Des le depart, une dizaine de vendeurs, portant au dessus de leur tete ou sous leur bras des bassines emplies de paquets de nourriture fraichement emballee, ou de gros bidon de the ou cafe ont commence a circuler dans les rangs.

Ah ! La nourriture Indienne ! Si on aime le riz et les epices, c'est le paradis... Il faudra que j'explique le petit dej plus tard car j'ai oublie le nom de la moitie des aliments, mais pour ce qui est des autres repas, le plat typique du sud du pays est le "Thali", que je mange pour une trentaine de roupies (avec l'eau minerale), soit, en gros 70 centimes d'euros... Le thali, donc. Une feuille de bananier posee sur la table en guise de plat, trois ou quatre petites coupes metalliques emplies de diverses sauces liquides, trois ou quatres petits tas (servis a la louche) de divers legumes bouillis (le tout est assez non-identifiable, je dois bien l'avouer, mais tres bon), une espece de galette de riz tres fine frite (genre chips geante), et du riz. On pioche dans les differents tas, on melange avec le riz blanc, et on mange le tout avec les doigts, de la main droite uniquement (la main gauche est impure). Le tout est servi a volonte, par un balet de serveurs qui arpente les restaurants, qui avec une bassine de riz sous le bras, qui avec des timbales contenant les differents legumes etc.

Mais revenons a Tiruchi???, euh, Trichy. Trichy est une ville carrefour, assez rebarbative au premier abord : Batie autour d'une gare et de sa "central Bus Station" d'ou partent et arrivent en permanence des bus locaux ou d'autres villes (tous klaxonnant a coeur joie), c'est bruyant et agite. Mais une fois le bus 1 trouve, on peut aller jusqu'aux sites interessants : Un des plus grands sanctuaires de l'inde, et le Rock-Fort-Temple qui domine la ville.

Bon, le bus, c'est assez folklo (mais tres economique, genre 4 roupies le trajet). Une entree pour les hommes, une pour les femmes, mieux vaut ne pas se tromper. Les hommes s'asseyent a cote des hommes, les femmes a cote des femmes, mais les hommes et femmes d'une meme famille (freres soeurs maris etc) peuvent s'assoir cote a cote (quand meme), et c'est comme ca, point. Il n'y a plus qu'a refrener son envie de s'assoir quand la seule place libre est a cote d'un homme. De meme quand il n'y a plus de places assises et qu'il faut rester debout, les hommes restent plutot au fond du bus, et les femmes devant. Par ailleurs, il y a souvent pres du conducteur (au dessus, a cote, ou derrire) des petites statuettes multicolores de divinites (aujourd'hui j'en ai meme vu un avec des lumieres clignotantes). Ajoutons a cela un peu de musique locale (indescriptible, il faut l'entendre pour comprendre), un controleur-vendeur de billets, avec a la main des liasses de tickets, des billets coinces entre les doigts, des pieces de monnaies dans une sacoche sous son bras, et un sifflet (le tout dans la/le meme main/bras, il faut bien s'agripper quelque part, ou donner les tickets de l'autre), et voila, le tableau est complet.

Et c'est ainsi que je debarque au Srirangam Temple, reelement immense, et grouillant de vie. 7 enceintes, dont on passe les trois premieres sans s'en rendre compte. Enfin si, on realise qu'on est entre parce que pour la premiere enceinte, on passe sous le gopuram, une porte tres imposante (dominee par une sculpture en escalier (dur a decrire) de quelques 70 m de haut), mais a l'interieur (le tout est a ciel ouvert (vous suivez toujours ?), profusion d'echoppes, de trucs a touristes ou de marchands preparant des paniers d'offrandes que les fideles achetent afin d'aller rendre hommages au dieu. C'est le fameux melange indien du profane et du sacre.

Apres la 4eme enceinte, c'est pieds nus, et pas de socquettes rappelle un panneau (la regle c'est la regle, non mais !). Pour bien se representer un temple indou, il faut comprendre que ca n'a strictement rien a voir avec les lieux de cultes occidentaux ultra-structures. Deja c'est construit peu a peu, par ajouts successifs. Par exemple ce sanctuaire remonte dans sa partie la plus ancienne (un petit temple dedie a Shiva)au XIIIe siecle, et la derniere construction (le fameux gopuram de 70m surplombant une des portes de la premiere enceinte) date de... 1970 (!). Ensuite si un temple/sanctuaire est dans son ensemble dedie a UNE divinite (Vishnu dans le cas present), ca ne l'empeche pas de contenir une multitude de petits temples/hotels dedies a toute sortes d'autres divinites, plus un grand bassin de purification. Les fideles ne vont pas prier seulement l'important Vishnu (but du pelerinage malgre tout), mais aussi les autres divinites, ce qui fait que meme dans des coins recules, certaines statues sont couvertes de couleurs, de beurre clarifie, de fleurs etc... Certains coins sont accessibles a tous, d'autres interdits aux non-indous (le coeur des sanctuaires), d'autres encore portent des inscriptions en sanscrit, langue que seuls les Brahames, la caste superieure dont les pretres sont necessairement issus, ont le droit de maitriser. Bref, pour mes yeux d'occidentale, c'est un incroyable desordre.

Les fideles vont et viennent dans tout les sens, et il y a souvent un coin ou se trouve un elephant auquel les hindous offrent une offrande-friandise, afin qu'il les "benisse" avec sa trompe (j'imagine que l'elephant represente Ganesh, le dieu a tete d'elephant...). Il y a une multitude de rites qui m'echappent totalement, mais c'est tres vivant, tres colore (toutes les femmes sont en sari), tres beau. (je n'ose pas prendre beaucoup de photos, les gens prient quand meme, mais j'en ai quelques unes).

Aujourd'hui, je me suis attaquee au Rock Fort Temple. J'ai erre un bon moment avant de trouver l'entree : Assez etroite, coincee entre deux boutiques et avec un bazaar le long de l'entree interne, ca ressemblait a s'y meprendre a une alle commercante. Une fois passe le bazaar, on laisse ses chaussures a la consigne, et a l'attaque ! 417 marches selon le routard qui les a comptees. J'ai personnellement perdu le compte quand les escaliers debouchant a l'exterieur, en plein soleil, et sans ombre sont devenus brulants sous mes pieds (je rappelle qu'a ce moment la on est nu-pied), et qu'en levant les yeux j'ai realise qu'il restait sans doute plus de 70 marches. Ouch. si certains avancaient avec un calme admirable, d'autres, comme moi, grimacaient, et se depechaient de gravir la derniere volee de marches. A l'arrivee, une superbe vue sur la ville, (couverte, donc a l'ombre, merci pour les pieds), et une statue de Ganesh acceuillant les fideles. Ouf. On reste longtemps en haut (les gens s'asseillent pour profiter de l'ombre), et c'est normal, les plantes de pieds se souviennent encore de la montee..

Voila, plein d'information en vrac, mais l'Inde entiere est en vrac... Ce soir je reprends le train, 1h direction Tanjore ! p

Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Samedi 27 août 2005

En deux etapes, de respectivement 164km et 140 km, parcourues en 5h30 pour l'une et 4 h pour l'autre. Le tout dans une voiture non climatisee (donc toutes vitres ouvertes), avec un chauffeur tres sympa (et tres curieux), je suis donc passee du vert Kerala (qui en Malayi la langue locale signifie "pays des cocotiers"), avec sa vegetation tropicale, ses immenses reseaux de canaux (backwaters) dans l'arriere pays, au chaud Tamil Nadu (je ne sais pas ce que ca veut dire en langue locale mais ca doit etre "Pays du soleil et de la deshydratation".

Mais pourquoi si lentement ? Parce que, la route, etroite, se partage entre : les pietons, les velos, les tuks-tuks, les camions, les taxis, les motos, les voitures, les chars a boeufs, et meme quelques troupeaux de loin en loin. Alors forcement...

Comme je l'ai deja dit, les indiens roulent a gauche. Enfin, ca c'est la theorie. Les indiens roulent ou ils peuvent, des qu'ils peuvent. Vous voyez l'album de tintin ou la vache sacree bloque la rue ? Alors oui, il y a des vaches qui se baladent dans les villes (pas enormement mais il y en a), mais croyez moi, Herge a sous-estimee la capacite de la circulation indienne a se faufiler partout. Les vaches ne bloquent PAS les rues.
Et les conducteurs indiens ont une foi indefectible dans les reflexes du chauffeur du bus d'en face qui trouvera bien le moyen de se rabattre pour qu'ils puissent depasser la voiture devant eux. Ca doit etre pour ca que les indiens ont autant de dieux. Parce que un seul, pour maintenir en vie tant de monde sur les routes, ca ne suffirait pas. Il en faut BEAUCOUP.
Si je vous dit que quand on a eu une averse tropicale en pleine montagne, il pleuvait un peu sur mes pieds, a l'avant de la voiture, que les ceintures de securite etaient la mais inutilisables, et que pour signaler qu'il tournait a droite, le chauffeur tendait son bras droit par la fenetre (oui comme a velo), vous me croyez ? Vous devriez...

En tout cas le chauffeur etait tres sympa, et (comme beaucoup d'Indiens) incroyablement curieux, "where do you come from ?" "Are you married ?" (il n'en revenait pas que les mariages ne soient pas arranges en france), Pourquoi est ce que tu as des cheveux et des yeux noirs ? (ils ont la vague impression que tous les occidentaux ont les cheveux et les yeux clairs, je suis donc un peu etrange a leurs yeux).

en chemin, arret a Periyar, un "Wild Life Sanctuary", ou evidemment je n'ai pas vu le moindre animal sauvage (bon ok, si quelques daims et des oiseaux), parce que a) ce n'est pas un zoo, b) les cris que soixantaine de touristes embarques sur le meme bateau que moi poussaient au moindre debut de soupcon d'un signe de vie suffiraient a faire fuir n'importe quel etre vivant dote d'un instinct de survie.
Non, a Periyar, le truc interessant, c'etait la visite de la plantation d'epices, ou j'ai fait la demonstration de l'etendue de mon ignorance a un guide de plus en plus hilare. "Ah bon ??? Les clous de girofles ca pousse dans un arbre ?" (j'avoue que j'avais une vague mais stupide vision de clous de girogle sortant de terre comme des champignons..).

Le lendemain, en partant de periyar nous sommes entres au Tamil Nadu (periyar est dans la chaine de montagne qui separe les deux etats), et d'emblee on voit les differences entre les deux etats.

Le Tamil Nadu est une immense plaine, delimitee par une chaine de montagne a l'ouest et qui, a l'est' s'etend a perte de vue, ecrasee par le soleil et la chaleur. Ici la population est beaucoup plus pauvre, on voit beaucoup plus de gamins dans les rues et moins en uniforme (tandis que le Kerala se vante d'un taux d'alphabetisation de 100%), et des mendiants, devant les temples, sur le bord des routes, (la mendicite est interdite dans beaucoup de grandes villes du Kerala, donc la pauvrete est moins visible). La terre, rouge et brulee est exploitee pour faire des briques, ou pour d'immenses champs de canne a sucre.

Le Tamil Nadu, c'est aussi le pays de magnifiques temples hindous, que j'ai commences a visiter hier et dont je finis la visite aujourd'hui.

Il y a tres peu de touristes a cette epoque de l'annee (sans doute du fait de la chaleur par moment reellement ecrasante), les hotels ou je vais logent essentiellement des indiens, et a l'interieur des temples on ne croise pas plus d'un ou deux petits groupes de touristes. De ce fait, etre "blanche", ici fait vite de moi (et de tout autre occidental) une attraction, a la fois pour les guides qui proposent de vous faire visiter le temple, les vendeurs de cartes postales, les tailleurs, etc, mais aussi pour certains gamins qui arretent leur bicyclette pour me serrer la main, ou cette (grande) famille, qui, alors que je lisais le guide du routard, sur une volee de marches isolee dans l'enceinte du grand temple de madurai,  m'a litteralement encerclee, pour faire des photos d'eux avec moi dessus. Mon etonnement les a beaucoup fait rire, et apres 6 photos (pour eux), et un sur mon appareil, ils sont repartis comme ils sont venus...

Voila les dernieres nouvelles.

Je repars, et a bientot

Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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Lundi 22 août 2005

Je sais, on a vu des titres de post plus originaux, mais estimez vous heureux, je vous ai epargne le titre qui m'etait venu a l'esprit "Kochi je suis ici", mais evidemment, en Francais ca rend moins bien qu'en Anglais. Et puis bon, le comique de repetition...

Bref. Me voici a la fin de mes deux jours a Kochi, que je quitte demain pour Allepey (Aleppey ? Alleppey ?).
Pendant deux jours, j'ai donc arpente Kochi de long en large, a pied ou a velo, et en un mot comme en mille : kochi est une tres belle ville.

La ville est construite sur une des presqu'iles de ce coin de cote. Le quartier ou se situent la pluspart des hotels, mais aussi des choses "a voir", est appele Fort Kochi, et est tres agreable a visiter. Ce sont des petites maisons (il est rare que les batiments aient plus d'un etage en plus du rdc), et les rues sont relativement calmes (au moins selon les standarts indiens), etroites et tortueuses, avec des boutiques pour touristes un peu partout (evidemment), et des cafes internet a tous les coins de rue. Le long de la cote, il y a d'antiques "chineses nets", encore utilises pour pecher. Quand on passe le matin, lors de la vente de la peche du jour, on a la possibilite d'acheter soi meme son poisson, puis de l'apporter dans un des petits restos a cote pour qu'ils le fassent cuire... c'est assez marrant comme systeme... au moins est on sur de la fraicheur du produit...

[en parlant de trucs a touristes : une librairie vendant des livres sur l'inde aux touristes en francais, anglais etc... avait sur ses rayonnages exterieurs, entre autres bouquins anglais, mais celui ci etait traduit en tamil (ou une autre langue indienne) : je vous le donne en mille, ce bouquin c'etait Eureka Street ! J'ai manque l'acheter, mais j'ai prefere le laisser a vendre, afin que quelqu'un d'autre le decouvre, mais c'etait etrange de le voir la...]

Le climat est vraiment tropical, il doit faire plus de trente degres, mais j'ai de la chance, la mousson semble terminee dans le coin... pas une goutte de pluie depuis que j'ai quitte Mumbai. La chaleur est suportable, surtout que les ventilos tournent a plein regime (sans eux, la sensation de chaleur serai certainement celle du RER-bonde-l'ete, avec les sieges en sky en moins).La vegetation est a l'avenant : luxuriante des que l'homme lui en laisse l'occasion. En bonne touriste occidentale, je suis bouche bee devant des arbres enoormes, les cocotiers, et les moustiques.
Ah non, pas les moustiques, bien qu'ils soient la eux aussi, de bonnes grosses bestioles tropicales elevees aux hormones. Sur ma seule cheville gauche et en une journee de marche, j'ai ete piquee 12 fois. Eh oui, en douce innocente que je suis, je n'avais pas juge bon de mettre de l'antimoustique parce qu'apres tout, les mechants moustiques qui transmettent le palu ne sortent que la nuit. J'avais oublie un detail majeur : un moustique banal, ca pique quand meme, et ca GRATTE.

Bref, hier, j'ai fait le tour de toutes les choses a voir du coin, depuis l'eglise construite par les portugais a leur arrivee et dans laquelle ont peut voir le tombeau de Vasco de Gama et de ses amis morts ici (Vasco de Gama a depuis ete "rapatrie", mais les vestiges des tombeaux sont toujours la), jusqu'a la synagoge (oui oui, une synagogue), la plus ancienne d'Inde, en passant par les deux musees de l'ile, et aujourd'hui j'ai loue un velo, histoire de me balader dans les environs et de defier la mort sur les routes indiennes.

L'immense avantage que j'ai en visitant tout a pied ou en velo sur ceux qui visitent tout en rickshaw est que puisque je passe la moitie de mon temps a me perdre (en dehors de Fort Kochi que je commence a bien connaitre), donc je decouvre beaucoup plus de choses, je m'aventure un peu partout dans les ruelles, a l'instinct ("je suis sure que c'est par la" "ah bah tiens, pourquoi je suis revenue a mon point de depart")... Il doit y avoir une espece de distortion spatiale dans le coin parce que des rues qui semblet droites vous font tourner en rond, lentement, mais surement.
Et puis il y a ce fameux "Dustch Cemetery" qu'en depit de toute ma bonne volonte, j'ai ete incapable de trouver...

Enfin et pour finir, j'ai assiste hier a un spectacle de kathakara (orhographe et nom a verifier), qui est l'une des grandes danses classiques de l'Inde. C'est un espece de theatre corporel, danse, extrement codifie (les gestes, positions de la main, mimiques veulent dire des choses tres precises. les costumes sont fabuleux, avec des "robes" volumineuses, des coiffes qui defient l'equilibre... Tout est sans doute en toc, mais a la lueur des deux spots et de la torche place devant la scene, ca brille, ca scintille, et ca coupe le souffle. Sans oublier les maquillages, pres d'une heure par personne, on peu y assister avant le spectable, la encore..
Ca raconte des histoires de dieux qui defient des demons, etc.. A l'origine, c'est joue dans les temples, des nuits entieres pendant les fetes religieuses.. Et hier soir, meme si ce n'etait que dans une petite salle qui n'avait rien de beau ni de sacre, c'etait l'inde des legendes qui dansait sous nos yeux, avec les fils du vent qui viennent au secours des hommes persecutes par un demon... 

 
Par Anne-Laure - Publié dans : Voyage
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